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L’économie du Bénin se redresse lentement après avoir connu une période difficile en 2009 et 2010. La croissance devrait atteindre 3.6 % en 2012, et se consolider en 2013 et en 2014.

Pour atteindre ces objectifs de croissance, le pays va devoir intensifier les réformes du port de Cotonou mais aussi ses efforts dans la gestion des finances publiques, la modernisation de l’administration et l’amélioration du climat des affaires, afin de favoriser le développement du secteur privé.

Dans la même perspective, le Bénin devra aussi lever les contraintes qui pèsent sur l’exploitation de ses ressources naturelles agricoles et minières comme sur sa situation géographique. Est principalement visé le déficit du pays en infrastructures et en services nécessaires à l’exploitation de ces ressources.

Vue d’ensemble

L’activité économique béninoise semble repartie depuis 2011, après avoir été lourdement éprouvée en 2009 et 2010 sous l’effet conjugué de la crise économique mondiale et des inondations qui ont frappé le pays. Le taux de croissance de l’économie réelle est ainsi passé de 2.6 % en 2010 à 3.5 % en 2011, puis à 3.6 % en 2012. Le redressement de la croissance est le fruit des efforts combinés de relance de l’agriculture et de remise en état des infrastructures après les inondations de 2010. Le Bénin a en outre bénéficié d’une bonne pluviométrie. Ces éléments positifs pour la croissance ont été partiellement atténués par l’impact de la forte augmentation du prix de l’essence frelatée dite « kpayo », en janvier 2012. Les perspectives économiques pour 2013 et 2014 sont positives et devraient confirmer la reprise de la croissance, portée par les bons résultats de la campagne cotonnière 2012-13 et par la reprise du trafic portuaire.

Toutefois, le maintien de la stabilité macroéconomique demeure important pour accompagner la croissance. A cet égard, le pays va devoir consolider en 2013 et 2014 ses avancées en matière de réforme des finances publiques et de modernisation de l’administration. Le Bénin fait ainsi face à un triple objectif : accroître la mobilisation des ressources internes ; assurer la mise en cohérence des dépenses publiques avec la stratégie de réduction de la pauvreté ; améliorer le climat des affaires pour favoriser le développement du secteur privé. Concernant la volonté affichée du gouvernement de mettre fin au commerce illicite de produits pétroliers et à la probable hausse des prix à court terme qui en découle, des mesures correctives devraient être prises afin d’atténuer l’impact de cette hausse des prix, en particulier sur les populations les plus vulnérables. Quant au volet social, le gouvernement devrait maintenir ses efforts via son programme de Stratégie pour la croissance et la réduction de la pauvreté (SCRP) 2011-15, alors que le pays souffre d’une pauvreté persistante et de retards importants en matière de réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) d’ici 2015. Plus de 36 % de la population béninoise vit toujours en-dessous du seuil de pauvreté.

Le Bénin dispose d’un fort potentiel agricole, d’une ouverture sur la mer et d’une quantité restreinte de matières premières (calcaire, sable, granite, bois d’œuvre). Mais la valorisation limitée de ces atouts n’a pas permis d’enclencher le changement structurel souhaité de l’économie béninoise. Le pays doit en effet lever encore plusieurs contraintes structurelles avant de parvenir à une meilleure gestion de ses ressources naturelles, essentiellement sa non-maîtrise de l’eau, une faible modernisation de l’agriculture, mais aussi des infrastructures et des services vétustes associés à l’exploitation de ces ressources.

Dans cette perspective de transformation structurelle et de maintien de la croissance, le Bénin fait face à deux principaux défis : d’une part rendre opérationnel le Plan stratégique pour la relance du secteur agricole (PSRSA), qui doit lui permettre de diversifier davantage l’économie et d’accroître le niveau de transformation des produits agricoles ; d’autre part opérer la transformation d’un pays de transit vers celui de plateforme de services logistiques et d’exportation, à partir notamment d’un système intégré et performant d’infrastructures et de services de transport.

Tableau : Indicateurs Macroéconomiques

2011 2012 2013 2014
Taux de croissance du PIB réel 3.5 3.6 4.1 4.6
Taux de croissance du PIB réel par habitant  1 1.1 1.6 2.1
Inflation IPC 2.7 6.7 3.1 3
Balance budgétaire % PIB -1.8 -1.5 -2.3 -2.3
Balance courante % PIB -10 -9.5 -10.4 -10.6

2012 : estimations ; 2013 et années suivantes : prévisions.