sahel partners burkina faso

La croissance du PIB en termes réels en 2012, selon les estimations provisoires, devrait s’afficher à 8 %, sous l’effet d’une campagne agricole satisfaisante et d’un environnement international favorable. Les perspectives de croissance économique en 2013 devraient suivre la même tendance qu’en 2012 entre 7 et 8 %, bénéficiant du dynamisme des secteurs primaire et tertiaire. Toutefois, l’éventualité de chocs climatiques, voire la volatilité des cours des matières premières (or, pétrole) et l’insécurité régionale, susceptibles de résulter de la crise au Mali, constituent des risques.

Le pays se relève progressivement de la crise sociale de 2011 et la tenue sans heurts majeurs des élections couplées législative et municipale en décembre 2011 est un signe positif vers la normalisation sociopolitique. Au plan social, la pauvreté reste persistante malgré une décennie de croissance soutenue et de mise en œuvre de programmes ciblés en faveur des groupes vulnérables. La plupart des indicateurs des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) resteront hors d’atteinte à l’horizon 2015.

L’économie reste fortement tributaire des activités agro-sylvo-pastorales et de l’exploitation des ressources minières. Outre l’exploitation minière qui ne cesse de prendre de l’importance au fil des années, la pression qu’exerce le croît démographique de 3.1 %, l’un des plus élevés de la sous-région, sur une agriculture extensive, est un risque majeur pour la dégradation accélérée de l’environnement dans un contexte d’aléas climatiques récurrents.

Vue d’ensemble

Les perspectives économiques en 2013 sont favorables et le taux de croissance prévisionnelle devrait se situer à 6.7 % voire au-delà contre 8.0 % en 2012. Le maintien du trend de croissance à 6-8% serait imputable au dynamisme des secteurs primaire et tertiaire, qui constituent les secteurs moteurs de l’économie. Le secteur primaire, tiré par les sous-secteurs agriculture vivrière (11.0 % du PIB) et de rente (3.5 % du PIB) ainsi que l’élevage (11.3 % du PIB), constitue le socle de l’économie. Les sous-secteurs susmentionnés impriment leur rythme aux secteurs secondaire et tertiaire. Aussi, la forte dépendance du secteur primaire aux aléas climatiques, constitue une source de fragilité pour les fondamentaux de l’économie. La production d’or, principal pilier du secteur secondaire, a connu une forte décélération en 2012 (0.7 %) contre une forte croissance de 39.4 % en 2011. Cette situation est due au retard enregistré dans la mise en exploitation de la mine d’or de Bissa Gold. Cette tendance à la stabilisation de la production devrait se corriger à partir de 2013, avec la hausse attendue de la production d’au moins 10.4 %. Les pressions inflationnistes seront contenues en 2013 à 2.2 %, en dessous du seuil de convergence de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMAO), contre 3.6 % en 2012.

Le Burkina Faso est engagé dans un programme d’accélération de la croissance économique. Il entend mettre en œuvre un nouveau modèle de croissance fondé sur les pôles de croissance, dont celui de Bagré qui représente le premier du genre. Il s’agit d’organiser la bonne exploitation des ressources naturelles notamment dans le domaine agricole, par un accroissement de la chaîne de valeur de certaines filières porteuses (produits de l’élevage, fruits et légumes, karité, sésame) à travers l’agro-business afin de réduire la forte dépendance du pays au binôme constitué par l’or et le coton. Pour renforcer sa compétitivité et favoriser le commerce intrarégional, le pays poursuit également le développement des infrastructures intégrant les routes, l’énergie et les technologies de l’information et de la communication (TIC).

Au plan politique, la tenue des élections couplées (municipales et législatives) en décembre a été le fait marquant de l’année 2012. Cette élection consacre une nouvelle redistribution des rôles entre l’opposition et le camp présidentiel qui a remporté la majorité des sièges (70 députés sur 127). Cette majorité reste cependant courte, ce qui ne permettra donc pas à la coalition au pouvoir de légiférer seule sur la levée du verrou constitutionnel (notamment l’article 37) qui limite à deux, le nombre de mandats présidentiels. De l’avis des observateurs de la scène politique, ce sujet resterait une préoccupation majeure pour la stabilité politique du pays, à court et moyen termes. Dans ce contexte, les mesures prises par le gouvernement pour juguler la crise sociale intervenue en 2011, ont eu un impact mitigé. La crise au Mali constitue une nouvelle menace supplémentaire, susceptible d’affecter la stabilité sociale. Les principaux défis politiques et économiques à relever sont au nombre de trois : la résolution rapide de cette crise au Mali qui pourrait affecter les choix budgétaires du fait de l’éventuel accroissement des dépenses de sécurité et de défense (avec un effet d’éviction sur les autres secteurs), l’amélioration du fonctionnement des institutions notamment la justice et l’instauration d’une bonne gouvernance.

Tableau : Indicateurs Macroéconomiques

2011 2012 2013 2014
Taux de croissance du PIB réel 4.4 8 6.7 6.8
Taux de croissance du PIB réel par habitant 1.3 4.9 3.6 3.7
Inflation IPC 2.8 3.6 2.2 2.1
Balance budgétaire % PIB -1.4 -0.5 -1.5 -2.3
Balance courante % PIB -1.2 -3.5 -5 -4.4

2012 : estimations ; 2013 et années suivantes : prévisions.