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L’économie a rebondi en 2012, dopée par la reprise de l’activité pétrolière et la forte demande intérieure, elle-même stimulée par les chantiers d’infrastructure – et cette tendance devrait se maintenir en 2013 et 2014.

La relative stabilité macroéconomique pourrait être fragilisée par le maintien des subventions sur les produits pétroliers.

Malgré les politiques sociales menées, les indicateurs liés aux objectifs du Millénaire pour le développement traduisent l’ampleur des défis à relever, sur fond de forte pression populaire.

Vue d’ensemble

La reprise de l’activité économique amorcée au lendemain de la crise financière de 2008/09 s’est poursuivie en 2012, avec un taux de croissance estimé à 4.9 %, contre 4.1 % en 2011. Cette performance, soutenue par la hausse de la production pétrolière et la forte poussée de la demande intérieure liée au démarrage de grands projets d’infrastructure, devrait se poursuivre sur la période 2013-14.

En 2012, la politique budgétaire est restée expansive en raison de l’accroissement des dépenses d’investissement et celles liées aux subventions. Selon les estimations, le solde budgétaire devrait demeurer déficitaire, à hauteur de 3.5 % du produit intérieur brut (PIB), contre un déficit de 2.7 % en 2011. La situation monétaire s’est caractérisée par une baisse des avoirs extérieurs nets (AEN) et une hausse du crédit intérieur. L’inflation, qui devrait atteindre 3.0 % (contre 2.9 % en 2011), s’explique par le renchérissement du prix de l’électricité en plus de l’impact des inondations sur les stocks de récoltes. Avec une part de 32.6 %, le pétrole brut reste le principal produit d’exportation. Les estimations basées sur les réalisations du premier semestre 2012 indiquent que plusieurs soldes extérieurs continueront d’être déficitaires. Le niveau d’endettement reste soutenable, avec un ratio du stock de la dette publique/PIB autour de 16.7 %.

Le Cameroun est doté d’abondantes ressources naturelles. Cependant, les revenus tirés de l’exploitation de ces ressources, en particulier du pétrole, n’ont pas été suffisamment canalisés vers des investissements structurants dans les infrastructures et les secteurs productifs, comme en témoigne l’évolution de la structure économique du pays, où l’on observe un recul des secteurs agricole et forestier au cours de la dernière décennie. Récemment, l’État s’est engagé dans une démarche visant à redynamiser les secteurs productifs, à travers notamment le renforcement des infrastructures. Si, par ailleurs, il poursuit ses efforts pour maintenir la stabilité du cadre macroéconomique, les insuffisances en matière de gouvernance quant à elle perdurent et constituent un frein à l’utilisation optimale des ressources publiques pour assurer le développement socio-économique du pays.
Tableau  : Indicateurs Macroéconomiques

2011 2012 2013 2014
Taux de croissance du PIB réel 4.1 4.9 5 5.2
Taux de croissance du PIB réel par habitant 1.9 2.8 2.9 3
Inflation IPC 2.9 3 3 3
Balance budgétaire % PIB -2.7 -3.5 -3.9 -4.2
Balance courante % PIB -4.5 -5.3 -5.3 -6.2

2012 : estimations ; 2013 et années suivantes : prévisions.