Sahel investment partnes Ghana

La croissance du PIB est estimée à 7.1 % pour 2012, tirée par les revenus pétroliers, le secteur des services et de solides résultats à l’exportation du cacao et de l’or. Les perspectives de croissance à moyen terme du Ghana restent positives grâce à d’importants investissements dans les industries extractives, les infrastructures publiques et l’agriculture commerciale.

L’investiture du président John Mahama en janvier 2013, après le décès du président en exercice John Evans Atta Mills en juillet 2012, témoigne d’un nouveau renforcement de la démocratie. Le Nouveau parti patriotique (NPA) a contesté les résultats de l’élection présidentielle devant la Cour suprême, ce qui constitue un nouveau test pour l’ancrage et la maturité de la démocratie.

Le Ghana a enregistré des progrès significatifs pour la plupart des OMD, mais l’OMD 4, réduire la mortalité infantile, l’OMD 5, améliorer la santé maternelle, et la  composante assainissement de l’OMD 7 restent des défis.

Vue d’ensemble

La croissance du produit intérieur brut (PIB) a ralenti en 2012, à 7.1 %, contre 14.4 % en 2011. Le pic de croissance de 2011 était dû au démarrage de la production de pétrole au dernier trimestre 2010. La croissance atteinte en 2012 l’a été malgré un recul de la production de cacao et de la production pétrolière. Les perspectives à moyen terme du Ghana restent favorables : le taux de croissance devrait atteindre 8.0 % en 2013 et 8.7 % en 2014 (respectivement 6.5 % et 8.9 % pour le secteur non pétrolier), bien au-dessus du taux annuel moyen de 6.5 % enregistré depuis 2000. On s’attend à ce que les investissements effectués dans les secteurs du gaz et du pétrole, les infrastructures publiques et l’agriculture commerciale tirent cette croissance.

L’amélioration de la gestion macroéconomique et la stabilité politique n’ont pas fortement transformé la structure de l’économie ghanéenne. Les activités minières et le bâtiment et travaux publics (BTP) ont soutenu le secteur industriel, et la part du secteur manufacturier dans le PIB a reculé ces vingt dernières années. Le Ghana doit développer de nouveaux secteurs économiques à forte intensité de travail, comme le secteur manufacturier et l’industrie agroalimentaire, afin de relever le défi de l’emploi et d’offrir des possibilités économiques aux régions rurales. Cela exigera des politiques publiques cohérentes pour accroître les rendements agricoles, améliorer la compétitivité de l’économie et surmonter les problèmes de propriété foncière.

Les décisions touchant l’affectation des revenus pétroliers croissants du pays – plusieurs milliards de dollars (USD) ces deux prochaines décennies, selon les prévisions – joueront un rôle crucial dans la transformation économique à venir. L’augmentation des revenus pétroliers et les apports d’investissements directs étrangers (IDE) peuvent entraîner de fortes tensions à la hausse sur le taux de change et menacer les perspectives d’industrialisation. En 2010, le Ghana a promulgué un cadre juridique visant à assurer une bonne gestion de ses richesses pétrolières, et son programme de couverture de risque pour les importations et exportations pétrolières est parvenu jusqu’ici à préserver la stabilité macroéconomique.

L’investiture du président John Mahama, le 7 janvier 2013, après le décès du président en exercice John Evans Atta Mills en juillet 2012, et les élections de décembre 2012 sont perçues comme le signe d’un nouveau renforcement de la démocratie au Ghana. Selon les observateurs internationaux, ces élections ont été relativement libres et équitables. Cependant, le Nouveau parti patriotique (New Patriotic Party – NPP) a saisi la Cour suprême pour en contester les résultats. Cette question divise le pays selon des lignes de partage politiques plutôt qu’ethniques. Un règlement rapide de ce recours réduirait notablement le faible risque de déstabilisation politique du pays.

Le Ghana figure depuis 2010 parmi les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, selon la Banque mondiale, mais il souffre de la comparaison avec la plupart des autres pays de cette catégorie en termes d’indicateurs de développement. Il a accompli des progrès significatifs au regard des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), et devrait atteindre les OMD d’élimination de l’extrême pauvreté, d’éducation primaire pour tous, de promotion de l’égalité des sexes, d’autonomisation des femmes et de lutte contre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies. Mais les progrès sont lents et le Ghana reste confronté à des défis importants en matière de réduction de la mortalité des moins de 5 ans, d’amélioration de la santé maternelle et de préservation de l’environnement.

Tableau : Indicateurs Macroéconomiques

2011 2012 2013 2014
Taux de croissance du PIB réel 14.4 7.1 8 8.7
Taux de croissance du PIB réel par habitant 12.1 4.8 5.7 8.7
Inflation IPC 8.7 9.2 8.9 8.5
Balance budgétaire % PIB -3.9 -4.9 -3.5 -3
Balance courante % PIB -9.6 -11.2 -14.4 -14.9

2012 : estimations ; 2013 et années suivantes : prévisions.