Sahel Investment Partners Tchad

La croissance de l’économie tchadienne s’inscrit sur une trajectoire de reprise. De 1.6 % en 2011 elle est passée à 7.2 % en 2012 et atteindrait, selon les projections, 7.4 % en 2013 et 11.5 % en 2014.

L’amélioration des positions budgétaires dépendra non seulement d’une évolution favorable des cours sur le marché pétrolier, mais aussi de la capacité du gouvernement à maîtriser les dépenses publiques, à accroître les ressources hors pétrole et à préserver les équilibres extérieurs.

Avec une population estimée à près de 12 millions d’habitants et une croissance annuelle de plus de 400 000 personnes, le Tchad doit chercher à capitaliser au mieux le dividende démographique. Ses effets sur l’économie sont de nature à contribuer à en faire un pays émergent à l’horizon 2025 conformément à l’objectif des pouvoirs publics.

Vue d’ensemble

La croissance du produit intérieur brut (PIB) du Tchad a atteint 7.2 % en 2012 et se situerait à 7.4 % en 2013. L’activité économique devrait être portée par le dynamisme des secteurs agricole et pétrolier grâce notamment à la mise en œuvre des projets de l’État en matières industrielles, énergétiques et agropastorales. À cause des aléas climatiques subis par le secteur agricole en 2011 et 2012 l’inflation a connu une accélération à 7 % en 2012. Elle pourrait retomber à 3.1 % en 2013.

L’évolution attendue des productions de coton et surtout de pétrole laissent espérer pour les cinq prochaines années une augmentation des recettes d’exportation. Ces ressources additionnelles pourront contribuer au financement du programme d’investissements publics dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie gouvernementale d’émergence économique. Mais la mobilisation des ressources financières exigées pour la réalisation de ce programme affecte la viabilité des comptes publics. À moyen et long terme elle est de nature à peser négativement sur les positions budgétaires du pays.

À ce premier défi s’en ajoute un second qui tient à la nécessité d’améliorer fortement le cadre budgétaire de l’économie tchadienne par la mise en place d’une stratégie d’assainissement financier crédible.

L’accession du point d’achèvement de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), dont le point de décision a été atteint en 2001, et la signature d’un programme de référence avec le Fonds monétaire international (FMI) devraient y contribuer grandement.

Cet effort de consolidation budgétaire pourrait aussi être soutenu et renforcé par une diversification des sources actuelles de croissance de l’économie à travers la création de chaînes de valeur dans trois domaines pour lesquels le Tchad dispose de fortes potentialités : l’élevage, le coton et la gomme arabique.

Un tel processus de diversification permettrait de générer des ressources fiscales supplémentaires en élargissant l’assiette de l’impôt grâce à des gains en valeur ajoutée et de créer de nouveaux emplois dans ces trois secteurs. Il contribuerait aussi au renforcement du secteur manufacturier et permettrait au Tchad d’accélérer la transformation structurelle de son économie et de rendre sa croissance plus inclusive.

Tableau  : Indicateurs Macroéconomiques

2011 2012 2013 2014
Taux de croissance du PIB réel 1.6 7.2 7.4 11.5
Taux de croissance du PIB réel par habitant -1 4.6 4.9 8.9
Inflation IPC 2 7 3.1 3.1
Balance budgétaire % PIB 2.4 0.8 0 3.8
Balance courante % PIB -2.3 -6.1 -8.9 -2.1